Van Gogh / Artaud, le suicidé de la société

Derniers jours de l’exposition Van Gogh / Artaud : il faut s’armer de beaucoup de patience avant de pouvoir enfin découvrir les oeuvres du grand Vincent. Au cours de cet interminable moment d’attente, je me suis fait cette réflexion : il vaut mieux soutenir les artistes tant qu’ils sont vivants et  abordables, cela évite de perdre son temps dans des files d’attente. Et surtout, découvrir des peintures en compagnie de son(sa) créateur(trice) est un privilège à saisir tant que l’artiste demeure accessible.

Comme un fait exprès, l’exposition débute ainsi :

” Aussi la peinture devrait s’exécuter aux frais de la société et non pas l’artiste (…). Mais voilà, il faut encore se taire car personne nous force à travailler, l’indifférence pour la peinture étant généralement assez générale, assez éternellement. ” Vincent Van Gogh 1888.

Nous voilà donc au coeur du sujet, universel pour les artistes peintres inconnus : survivre dans l’indifférence, exercer son art jusqu’à la folie…

La traversée d’une pièce sombre aux sons de cris  angoissants et tapissée des mots d’Artaud exprimant la folie de Van Gogh. Le suicidé de la société ou le procès de cette dernière par un artiste qui l’accuse, à cause de son indifférence, d’avoir poussé au suicide un autre artiste.

” Mon travail à moi j’y risque ma vie et ma raison y a fondré à moitié ” Vincent Van Gogh 1890.

Cette exposition est de loin la plus troublante qu’il m’est été donné de voir. Face à ces oeuvres criantes de vérité , j’ai eu l’impression bizarre d’être mise à nue. La lucidité de Van Gogh est pour moi l’essence de son génie et ce qui fit sa perte.

” Nul n’a jamais écrit ou peint (…) que pour sortir en fait de l’enfer ” Antonin Artaud.

Last days of the Van Gogh / Artaud exhibition : While waiting in the long queue to see the works of the great Vincent, I took the time to reflect on the nature of fame and recognition. I decided that it’s much better to support artists while they are still alive and approachable. This prevents the aforementioned long queues, and most importantly, allows us the great opportunity of discovering paintings with their creators

As if by chance, the exhibit began like this :

” And painting should be done at society’s expense. But there you are, we should keep quiet once again because nobody is forcing us to work. Indifference towards painting being inevitably fairly general, fairly eternal. ” Vincent Van Gogh 1888.

And next, the heart of the matter. A universal subject for all unknown artists: To  live in indifference, to practice your art, to become crazy.

A dark room  is crossed with scary cries and the walls are covered with Artaud’s words as the expression of  Van Gogh’s madness. “Le suicidé de la société” or the trial of the society by an artist who accused her of  driving  another artist to commit suicide.

” I risk my life for my own work and my reason has half foundered in it “. Vincent Van Gogh 1890.

This exhibition is the most troubling one I’ve ever seen. By looking  these amazing true-to-life works, I had a strange feeling. For me, the lucidity of Van Gogh is the very essence ohis genius. And perhaps, in the end, this was his undoing

” No one has ever written or painted (…) only to escape from hell. ” Antonin Artaud

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